Chaque année, dès juillet, je reçois la même question, formulée avec la même inquiétude : « Emma, nos campagnes s’effondrent, on met tout sur pause ? » Ma réponse est toujours la même : surtout pas.
Oui, vos campagnes ralentissent en été. C’est réel, c’est normal, et ce n’est pas votre faute. Mais le réflexe de couper le budget, lui, est la pire décision que vous puissiez prendre. Voici pourquoi vos campagnes faiblissent vraiment à cette période, et quoi faire à la place.
Pourquoi vos campagnes ralentissent vraiment en été
Commençons par comprendre ce qui se passe, parce que le diagnostic change tout.
L’été, vos patients vivent à un autre rythme. Ils sont en vacances, hors de leur routine, les enfants sont à la maison, et prendre rendez-vous chez le dentiste ou pour un suivi passe loin dans la liste des priorités. La demande baisse pour presque tous les services de santé non urgents, et avec elle, vos taux de conversion. Ce n’est pas propre à vous : l’été est une saison creuse pour la grande majorité des entreprises.
Le point important, c’est que rien n’est cassé dans vos campagnes. Les mêmes annonces qui performaient en mai voient simplement moins de gens prêts à agir. C’est de la saisonnalité, pas une panne. Et on ne répare pas une saison, on s’y adapte.
Le piège que personne ne voit : l’algorithme s’affole
Voici la partie que la plupart des cliniques ignorent, et qui explique pourquoi l’été semble parfois catastrophique plutôt que simplement plus lent.
La majorité des campagnes tournent aujourd’hui avec des enchères automatiques, où l’algorithme de Google décide combien payer pour chaque clic afin d’obtenir des conversions. Or cet algorithme suit une logique simple : quand il constate que les conversions chutent, il suppose qu’il doit enchérir plus haut pour compenser. Traduction : au moment précis où vos résultats baissent, l’algorithme se met à payer plus cher chaque clic, pour de moins bons résultats, et vide votre budget plus vite que d’habitude.
C’est un cercle vicieux. La saison fait baisser vos conversions, et l’algorithme, en réagissant mal, transforme un ralentissement normal en gaspillage réel. Beaucoup de directeurs en concluent alors que « la publicité ne marche plus l’été » et coupent tout. Ils traitent le symptôme, jamais la cause.
Pourquoi couper le budget est la pire réponse
Face à ce constat, l’instinct dit de réduire ou d’éteindre. C’est doublement une erreur.
Premièrement, l’été est le moment le moins cher de l’année pour être vu. Quand tous vos concurrents coupent leurs budgets en même temps, les enchères se vident, et le coût par clic baisse. Autrement dit, l’attention est en solde. Couper à ce moment, c’est manquer la seule période où vous pouvez acheter de la visibilité au rabais.
Deuxièmement, éteindre une campagne détruit tout ce que son algorithme a appris. Une campagne met des semaines à monter en régime et à comprendre qui convertit. Si vous l’arrêtez en juillet, vous ne mettez pas les choses sur pause, vous remettez le compteur à zéro. À la rentrée, quand la demande revient d’un coup, vous repartez de rien, en retard, pendant que la clinique restée visible tout l’été arrive déjà chaude et rafle les rendez-vous.
Ce qu’il faut faire à la place
La bonne nouvelle, c’est qu’un été bien géré ne demande pas de dépenser plus. Il demande de dépenser juste.
D’abord, dites la vérité à l’algorithme. Google offre un réglage appelé ajustement de saisonnalité, qui vous permet de le prévenir que vous attendez un taux de conversion plus bas sur une période donnée. Utilisé correctement, il empêche l’algorithme de surenchérir bêtement pour compenser une baisse que vous saviez venir. C’est la parade directe au piège décrit plus haut.
Ensuite, adaptez votre message à l’été. Les préoccupations de vos patients changent avec la saison, et une annonce écrite pour le mois de mai ne leur parle plus en juillet. Un message qui colle à leur réalité du moment convertit mieux, même quand ils sont moins nombreux.
Restez présent, mais avec discernement, en profitant des coûts plus bas pour maintenir votre visibilité sans gaspiller. Et surtout, servez-vous de cette période plus calme pour préparer la rentrée : ajustez vos pages, testez vos annonces, laissez vos campagnes continuer d’apprendre. Ainsi, quand la demande explose en septembre, vous êtes déjà en pleine forme au lieu de repartir de zéro.
L’été récompense les malins, pas les absents
Le ralentissement estival n’est pas un signal d’alarme, c’est une saison. Et comme toute saison, il récompense ceux qui s’y adaptent et punit ceux qui paniquent.
Les cliniques qui coupent tout disparaissent des écrans, perdent l’apprentissage de leurs campagnes, et paient plus cher pour réapparaître trop tard à la rentrée. Celles qui ajustent leurs enchères, adaptent leur message et restent visibles achètent l’attention au rabais et arrivent en septembre déjà lancées. Le ralentissement est réel. La panique, elle, est un choix. Et c’est un choix qui coûte cher.
Sources
Les données et les mécaniques décrites sont d’origine internationale. Elles s’appliquent de la même façon aux campagnes menées au Québec.
- Neil Patel, sur la saisonnalité estivale et son effet sur la plupart des entreprises : https://neilpatel.com/blog/seasonal-trends-how-to-adjust-your-ppc-campaign-for-wintertime-love-and-summertime-sadness/
- Tread Partners, sur la baisse du coût par clic en période creuse et l’erreur d’éteindre ses campagnes : https://treadpartners.com/slow-seasons-and-what-to-do-about-it/
- North Country Growth, sur les ajustements de saisonnalité de Google et le comportement des enchères automatiques : https://www.northcountrygrowth.com/blog/google-ads-seasonality-adjustments/